TECHNIQUE A L'ANCIENNE ET TECHNIQUES DIVERSES
A) TECHNIQUE DITE " A L'ANCIENNE " OU " CLASSIQUE "
Cette technique est ainsi baptisée, car elle a été, de tous temps, utilisée par les plus grandes manufactures : " Bruxelles, Meissen, Tournai, Sèvres, Imari, Limoges, Saxe, Paris, Lowestoft, Lomonossov, Nymphenburg, Rouen, Florence, Canton, Vienne, Sceaux, Caen, Minton, ... " (*). Elle reste la méthode la plus développée et la plus connue en Europe.
Les pigments en poudre, sont intimement mêlés à l'essence grasse et à la " térébenthine " (*) pour obtenir un mélange lisse et homogène. Les motifs sont peints presqu'exclusivement à l'aide de pinceaux. Il est fréquent que les pièces réalisées soient rehaussées, avec parcimonie, d'or brillant ou, plus raffiné encore, d'or mat.
Les sujets sont principalement composés de semis de petites fleurs (bleuets," barbeaux " (*), myosotis et roses). Certaines manufactures se sont spécialisées dans la réalisation de semis, d'autres ont opté pour la mise en valeur de fleurs plus importantes, telles les grandes roses ou les tulipes, sans oublier les fruits, les champignons et les insectes de petite taille. Ces décors équilibrés sont dominés par des lignes de force autour desquelles s'articulent souplement les principaux élements du sujet.
B) TECHNIQUE DITE " A L'AMERICAINE " OU " A LA BRESILIENNE "
Malgré le nom qui lui est donné, aucun indice ne permet de certifier que cette méthode est née en Amérique ou au Brésil. Aucune école et aucun peintre isolé ne semblent être à l'origine de cette manière de peindre. D'après de nombreuses études effectuées sur des pièces anciennes datées des années 1920 et réalisées selon ce procédé, il semblerait que la technique soit très fortement inspirée du style couramment utilisé en Russie au début du XX ème siècle.
Cette technique ne peut être abordée qu'après parfaite maîtrise de la technique dite classique et doit, de ce fait, être réservée aux peintres ayant déjà de nombreuses années de pratique.
Ce qui différencie cette méthode de la méthode classique est le fait qu'on utilise des " huiles molles " (*) à séchage tardif, ce qui permet de retravailler ou de retoucher les zones peintes préalablement, sans aucune limite. Une autre caractéristique de la méthode américaine est qu'elle joue sur les contrastes, avec très peu de transition : zones sombres et claires, ombre et lumière se côtoient intimement. Le décor paraît donc plus réaliste, mais a tendance à être plus " froid " que le décor réalisé selon la méthode classique. Enfin, dernière particularité ... il est rare de voir un sujet isolé dans l'application de cette technique. En général, une mise en scène assez sophistiquée, voire même chargée sera choisie, pour un rendu optimal.
C) TECHNIQUE DITE " SCANDINAVE "
Rien de spécial dans cette méthode, si ce n'est le fait que " tout y est spécial " ... Des effets et rien que des effets ! ... C'est un résumé un peu simpliste, mais qui définit bien la manière de procéder.
Pour accéder à cette méthode, il faut, dans un premier temps avoir bien assimilé la méthode classique, qui reste indispensable pour le travail de base. Une fois celle-ci bien maîtrisée, on pourra la compléter par l'ajout d' " effets de matière ".
Ajouter, superposer ou ôter des matières seront les leit-motiv de ce procédé. Incrustation, relief, ponçage, grattage, inclusion, martelage ... seront les maîtres-mots dans cette technique.